Un parcours tout en persévérance
Voici l’histoire de Leul Engida. Ce collaborateur du service informatique a dû surmonter de gros obstacles avant de rejoindre la Poste.
- La Poste SuisseTemps de lecture 4 minutes

Le choc culturel
Leul Getnet Engida a parcouru un long chemin pour arriver jusqu’à nous. Cet Éthiopien de 27 ans, développeur de logiciels, travaille au service informatique de la Poste depuis quelques mois. Pour lui, son équipe est bien plus qu’un groupe de collègues de travail: «C’est un peu ma famille,» nous confie-t-il. Son entourage lui donne la force et la motivation nécessaires pour réussir sa nouvelle vie. «J’ai de la chance de travailler au sein d’une équipe si bienveillante. Anke et Elvis sont deux responsables de conduite fantastiques.»
Le choc culturel
Au début, il a eu du mal à s’habituer à la culture suisse. «Quand je suis arrivé ici il y a presque deux ans, j’ai vécu un véritable choc culturel», admet le jeune homme. Avec ses paysages verdoyants et sa population sur la réserve, la Suisse est radicalement différente des rues très animées d’Addis-Abeba, sa ville natale. Leul y a néanmoins trouvé du soutien: «Mes amis sont là pour moi quand les temps sont durs», déclare-t-il avec reconnaissance. Bien sûr, sa famille lui manque, tout comme la tradition éthiopienne des repas pris en commun, mais il n’en a pas moins développé un goût certain pour les fromages suisses et pour tous les services numériques proposés ici: «C’est formidable! Avec tous ces services numériques, il n’y a jamais de longues files d’attente!».
Élevé à Addis-Abeba par des parents enseignants, Leul n’a jamais rêvé de quitter l’Afrique. «Nous n’étions pas riches, mais pas pauvres non plus», dit-il. «J’ai opté pour des études de développeur de logiciels. Mon père aurait préféré que je devienne ingénieur civil, mais dans ce monde de plus en plus numérique, je savais que les informaticiens seraient demandés sur le marché», explique Leul d’une voix calme. Peu après la fin de ses études, sa vie a radicalement changé quand il a déménagé en Suisse pour rejoindre sa femme.
Le tournant
Les débuts de Leul en Suisse ont été mouvementés: après la fin de son mariage, il a dû changer plusieurs fois de travail, passant du secteur de la restauration à celui du recyclage et de la démolition. Pendant une brève période, il a aussi bénéficié de l’aide sociale. «C’est un cercle vicieux: pas de travail sans logement, et pas de logement sans travail.» À cette époque, il ne parlait pas l’allemand – un facteur aggravant. Finalement, il a trouvé une chambre en colocation à Wohlen (BE). Il a d’abord travaillé comme bénévole pour Culinaria, un programme local de distribution de produits alimentaires destiné aux personnes dans le besoin. C’est là que s’est présentée une opportunité inattendue: il a pu développer une application pour la logistique. «On m’a donné un cahier des charges et je me suis lancé!», se souvient-il. Son travail acharné a été payant car il a décroché un poste à 20%. En parallèle, il travaillait aussi à la Coop.