Renchérissement, climat de consommation morose et revirement des taux pèsent sur le résultat trimestriel de la Poste
Conformément aux attentes, le résultat de la Poste au terme du premier trimestre 2023 est nettement inférieur à celui de 2022. Fin mars 2023, le résultat du groupe (EBIT) s’est établi à 70 millions de francs, soit 75 millions en deçà de l’exercice précédent. Cette évolution reflète l’environnement exigeant dans lequel la Poste opère actuellement, qui se caractérise par un recul du nombre de colis et de lettres, par les effets négatifs à court terme du revirement des taux et par un renchérissement élevé persistant. En revanche, durant le premier trimestre, la Poste a mis en œuvre de nouvelles étapes importantes de sa stratégie en inaugurant un nouveau centre colis régional, en assurant une distribution entièrement carbone-neutre à Zurich et à Berne et en réalisant des avancées importantes en matière de communication numérique sécurisée, notamment dans les domaines du vote électronique et de la communication avec les autorités. Grâce à ses solides bases financières, à des mesures d’efficacité supplémentaires et aux hausses tarifaires visées, la Poste est prête à relever les défis actuels.
- La Poste SuisseTemps de lecture 7 minutes
Climat de consommation morose, renchérissement élevé et effets négatifs du revirement des taux
Le résultat de la Poste au premier trimestre 2023 a été marqué par une situation géopolitique et économique tendue et volatile. Conformément aux attentes, il est donc nettement inférieur au résultat très solide enregistré lors du premier trimestre de l’exercice précédent. Entre janvier et mars 2023, la Poste a réalisé un résultat du groupe (EBIT) de 70 millions de francs, soit 75 millions de moins qu’en 2022, alors que les produits d’exploitation s’inscrivent en légère hausse pour atteindre 1769 millions de francs. Le bénéfice consolidé s’est établi à 41 millions de francs, accusant aussi un net recul par rapport aux 160 millions de l’exercice précédent. Toutefois, il faut tenir compte du fait que la Poste a vendu sa filiale Swiss Post Solutions (SPS) au premier trimestre 2022, ce qui a eu un effet considérable sur le bénéfice. «Nous savions que 2023 allait être une année très exigeante pour la Poste. Le résultat du premier trimestre le montre déjà clairement», commente Alex Glanzmann, responsable Finances de la Poste. Et d’ajouter: «Par conséquent, il est d’autant plus important de considérer les perspectives à long terme. Nous devons continuer de miser sans relâche sur la croissance et le développement, sur la durabilité, sur les mesures tarifaires et sur les gains d’efficacité. Ces deux derniers leviers de notre stratégie sont particulièrement importants dans le contexte actuel.»
Climat de consommation morose, renchérissement élevé et effets négatifs du revirement des taux
Le résultat trimestriel en recul est principalement dû à quatre facteurs. Premièrement, le climat de consommation reste morose en Suisse, se situant nettement en dessous de la valeur moyenne à long terme. Les achats en ligne diminuent, si bien que le volume des colis a fléchi de 3,6% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Deuxièmement, la tendance à la numérisation a entraîné une nouvelle baisse du nombre de lettres expédiées (–4,4% par rapport au premier trimestre 2022) et une forte érosion des versements au guichet (–19% par rapport à la même période en 2022). Troisièmement, le renchérissement élevé a eu un impact majeur également sur la Poste, car les coûts relatifs au carburant, à l’énergie, au transport et au matériel ont considérablement augmenté. Par ailleurs, en tant qu’employeur socialement responsable, la Poste verse à ses collaboratrices et à ses collaborateurs un salaire adapté au renchérissement. Et quatrièmement, en comparaison trimestrielle directe, le revirement des taux a induit des effets négatifs sur la marche des affaires de PostFinance. Au premier trimestre 2022, PostFinance avait encore pu générer des produits issus des commissions sur avoirs et du marché monétaire interbancaire. Depuis le retour à des taux positifs, les commissions sur avoirs ont été entièrement effacées. Par conséquent, le résultat d’exploitation de PostFinance s’est établi à 53 millions de francs au premier trimestre, en repli de 35 millions par rapport à l’exercice précédent. En revanche, il a été possible d’enregistrer de nouveaux produits provenant de la rémunération des avoirs auprès de la Banque nationale et de rendements plus élevés sur les placements financiers dans les opérations d’intérêts. À moyen terme, PostFinance s’attend à une augmentation des produits d’intérêts sur les placements financiers en raison du revirement des taux d’intérêt. Toutefois, l’effet positif sur le résultat de la Poste ne se déploiera que de manière différée. Profitant de la forte reprise du secteur des transports publics après la crise du coronavirus, CarPostal a transporté au premier trimestre près de 45 millions de voyageurs, ce qui constitue un nouveau record pour la période sous revue. Ce résultat a contribué à une augmentation de 8 millions de francs des produits d’exploitation dans le secteur Services de mobilité, mais avec des coûts d’exploitation plus élevés en raison du renchérissement.